La dépendance coûte cher

Voici les chiffres-clés qui serviront de base au débat sur la dépendance, officiellement lancé hier par la ministre des Solidarités et de la Cohésion sociale Roselyne Bachelot.

Au 31 décembre 2009, 1,2 million de personnes touchaient l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) :Les aides représenteraient entre 530 € et 1365 €. Reste à la charge des personnes dépendante 2200 € / mois y compris les aides.

la perte d’autonomie est multi-factorielle, maladie, accident, sarcopénie…On peut prévenir certaines maladies comme le diabète, et on peut retarder de manière significative la dépendance, notamment en intégrant des programmes de musculation et de mobilité. Ces programmes  ont montré depuis de nombreuses années leur efficacité. L’investissement fait  sous forme d’abonnement à un centre de remise en forme est une bonne chose. Aujourd’hui un investissement de 700 à 800 / an dans un centre de remise en forme adapté à cette problématique est une solution pour retarder au maximum cette dépendance. Sachant que les personnes dépendantes doivent souvent quitter leur domicile pour une structure spécialisée. Penser un peu à soi pour un futur meilleur, n’est pas de l’égoïsme, c’est surtout ne pas être à la charge d’autres personnes lorsque que l’on devient plus vieux et moins coûteux pour la collectivité,  pour soi-même et pour ses enfants.

2 réflexions sur “La dépendance coûte cher

  1. Messagepar APS2PF » 06 Janvier 2011, 12:49

    Bonjour Monsieur Sanchez, je me permet d’intervenir sur votre post (tout en vous souhaitant mes meilleurs voeux pour cette nouvelle année) car si je partage votre avis sur les bienfaits de l’activité physique pour prévenir certaines pathologies chez les personnes âgées dépendantes. Je suis au regret de constater qu’il n’en est pas de même pour les pouvoirs publics, et que notre secteur d’activités est bien loin d’arriver en première ligne sur ce sujet.

    Sur un rapport de 128 pages destiné à l’assemblée nationale, l’activité physique n’est mentionnée que deux fois et à chaque fois seuls la kinésithérapie et les suivis par des traitements médicaux y sont associés.

    extrait du RAPPORT D’INFORMATION sur la prise en charge des personnes âgées dépendantes:

    La prévention insuffisante de la perte d’autonomie (P.44)

    Par ailleurs, le professeur Françoise Forette (2) rappelait à la mission l’importance de la prévention des états de fragilité des personnes âgées lesquels touchent 7 à 10 % des personnes de plus de soixante ans (mais 25 % des personnes de plus de quatre-vingt-cinq ans) et précèdent bien souvent une perte sévère d’autonomie. Or, bien que leurs symptômes soient bien identifiés (anorexie, perte musculaire, peur de tomber, fatigue et ralentissement de l’activité physique) et qu’ils soient réversibles grâce à des traitements simples et éprouvés (kinésithérapie, traitement de l’ostéoporose…), ces états, encore mal connus des médecins généralistes ne font pas l’objet d’une véritable prévention, ni de véritables traitements.

    UNE PRÉVENTION PLUS DYNAMIQUE DES PERTES D’AUTONOMIE

    Page 71:

    Par conséquent, la mission propose que des modules spécifiques de formation à la reconnaissance des symptômes des situations de fragilité des personnes âgées et à l’utilisation des protocoles définis pour le diagnostic des maladies dégénératives soient mis en place au titre de la formation continue et de la formation initiale des médecins généralistes afin de les soutenir dans leur rôle essentiel de pivot. Elle propose, en outre que de mêmes modules de reconnaissance des symptômes, de leur prévention et de leur prise en charge soient intégrés dans les formations des auxiliaires médicaux.

    Il est certain que ce rapport traite de la problématique de la dépendance lorsque ses effets sont avérées et avancés. Mais le simple fait que l’encadrement d’une activité physique adaptée ne puisse être imaginée que lorsqu’elle est encadrée par des professionnels du monde la santé en dit long sur l’image de notre secteur!

    Alors bien évidemment, on pourrait se « consoler » en pensant que sur un autre public spécifique (les personnes obèses) l’effet bénéfique des pratiques proposées dans les structures de notre secteur soient mieux « reconnues ».

    Malheureusement ici aussi nous ne sommes pas mieux considérés que sur le sujet précédent. Même si l’existence de l’activité sportive est prise en compte dans un autre rapport, ce n’est que pour mieux constater l’inadéquation des compétences des éducateurs sportifs en la matière.

    Extrait du RAPPORT sur l’organisation de la recherche et ses perspectives en matière de prévention et de traitement de l’obésité.

    L’importance de l’activité physique dans la prévention des comorbidités de l’obésité (P.169)

    L’activité physique contribue à prévenir l’apparition de comorbidités chez les personnes obèses.L’expertise collective de l’INSERM précitée rapporte que des essais contrôlés randomisés montrent que des modifications du mode de vie, incluant une augmentation de l’activité physique habituelle, pouvaient prévenir, ou retarder, le développement d’un diabète de type 2 chez des sujets à risque
    (intolérants au glucose) indépendamment du statut pondéral. Il a également été démontré que la seule pratique d’une activité physique d’intensité modérée était associée à une réduction importante du
    risque de diabète de type 2.

    De nombreuses initiatives essaient d’encourager les patients obèses à pratiquer une activité physique. Ainsi, plusieurs services hospitaliers ont créé des ateliers « passerelles » pour les personnes qui quittent l’hôpital après une hospitalisation et qui visent à les initier à une activité physique à travers des coopérations entre l’hôpital et des associations
    sportives.

    Néanmoins, la pérennité de ces dispositifs est rendue difficile par le manque de financements pour former les éducateurs sportifs aux besoins spécifiques des personnes obèses et le manque de créneaux horaires adaptés.

    Ne nous y trompons pas, je ne cherche pas à critiquer ici le rôle que doit occuper le monde médical sur ces deux sujets. Il n’est en aucun cas question de vouloir s’y substituer, ou de prétendre avoir la même importance que celui-ci, sur le traitement de ce qui reste des pathologies. Mais en amont de l’apparition des premiers symptômes ou en parallèle de leur existence, nous pouvons avoir une place à tenir. Cependant, nous ne pourrons espérer accéder à ce statut que si nous jouons le jeu de la formation continue, adéquate et spécifique…ce qui est loin d’être le cas actuellement!

    Même si certains professionnels sont capables et compétents, ils souffrent de l’image que l’ensemble de la profession donne à voir, et doivent redoubler d’efforts pour être pris au sérieux par la clientèle!

    L’animation aura toujours sa place dans notre métier, mais notre secteur ne disposera pas de la moindre crédibilité ou reconnaissance en matière de santé tant qu’il conservera ce niveau de formation.
    Les clubs ne changeront d’image que lorsque le grand public aura conscience des niveaux de compétences des professionnels qui y travaillent!

    Je vous précise à nouveau qu’il ne s’agit nullement d’une attaque personnelle (comme souvent les messages peuvent le faire croire sur un forum) et vous souhaite le meilleur pour vous et votre club.

    J’ose espérer que l’ensemble de notre secteur puisse aussi en profiter et offrir à la clientèle (comme aux intervenants) une palette de prestations, allant de l’animation pure au suivi individualisé spécifique!

    Peut être en 2012 ?

  2. Bonjour Mr « APS2PF », je vous souhaite également mes meilleurs voeux pour 2011.
    Je vous remercie pour votre réponse. Ce que je voulais montrer, c’est que les politiques commencent à prendre en compte les « coûts » de la dépendance pour les années à venir.
    Ces coûts vont être supportés par la collectivité dans son ensemble (subvention des régions) et en fin de compte le contribuable. C’est toujours difficile d’augmenter les impôts sans subir des critiques et des pertes de voix électorales.
    Ceci étant dit, je vois personnellement plusieurs freins à cette prise en charge, je parle de prévention.
    Pour moi la prévention c’est une question de responsabilité personnelle. En tant que citoyen, je dois tout faire en terme « santé » pour éviter d’être à la charge de la société.
    S’entretenir pour conserver une autonomie le plus longtemps possible fait partie de cette responsabilité.
    Maintenant quels sont les moyens mis à la disposition des citoyens? Je vais rester dans le cadre qui nous intéresse celui des structures privées ou associatives qui pratiquent de l’activité physique et non pas des activités sportives.Je dissocie le ludique de la nécessité pour ne diluer le débat.
    Pour garder une autonomie complète (dans le grand âge) nous devons, entre autres, agir sur notre capacité physique de force et d’endurance musculaire, notre capacité cardio-ventilatoire et notre souplesse articulaire…et notre hygiène alimentaire.
    Vous l’avez signalé la médecine ne prend pas suffisamment en compte l’état des personnes âgées au niveau des paramètres indiqués précédemment.
    Les médecins dans leur majorité ne sont pas formés dans ces domaines et encore moins en prévention primaire, ils n’ont d’ailleurs pas le temps de faire de la prévention les consultations ont une durée de 10 à 15 mn maxi en général).
    L’hôpital fait de la prévention secondaire, donc après qu’il y ait eu un problème de santé et propose des programmes de remise en condition physique avec des associations (ex : les clubs de santé).
    Où sont les structures privées ? C’est très mal vu de coopérer avec une structure privée lorsque que l’on fait partie du monde de la santé.
    Que propose-t-on dans les structures privées ? Une prise en charge de la dépendance ?? Comment peuvent communiquer les structures privées qui ont les compétences pour proposer une véritable prise en charge de prévention ???
    Doit-on laisser la prévention uniquement dans le domaine du médical ? Qui va payer, ou rembourser les soins kinés, ou autres ??? Cela fera certainement les affaires de grands groupes privés comme la général de santé ; mais es-ce raisonnable ? Combien pourrait-on économiser si on évitait de se rendre chez le médecin pour un mal de dos qui mériterait simplement un entretien et un renforcement musculaire ? Et pour le citoyen que nous sommes, combien va nous coûter un hébergement en résidence spécialisée (perte d’autonomie)……aujourd’hui 2000 €/mois( environ) pour une chambre….et dans 20 ans ??

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